L’Afrique entend désormais prendre une place plus importante dans la transformation numérique mondiale. Elle ne veut plus être considérée comme un simple marché destiné à accueillir les technologies développées ailleurs, mais comme un partenaire capable de participer à leur conception, leur développement et leur déploiement.
C’est l’un des messages forts portés par Désiré Aka, Directeur de la Protection des Données Personnelles à l’ARTCI, lors de ce forum.

Pour notre pays, cette ambition ouvre de nouvelles perspectives dans les relations avec la Chine, particulièrement dans le domaine du numérique. La coopération entre les deux pays pourrait ainsi évoluer vers une logique de co-construction numérique, dans laquelle les expertises, les technologies et les expériences chinoises rencontrent les besoins, les compétences et les réalités du marché africain.
De la coopération technologique à la co-construction
Le changement de paradigme est important. Il ne s’agit plus uniquement pour l’Afrique d’acquérir des infrastructures ou des solutions technologiques conçues à l’extérieur. L’objectif est désormais de favoriser des partenariats permettant aux acteurs africains de participer pleinement aux différentes étapes de la chaîne de valeur numérique.
Pour la Côte d’Ivoire, cette démarche pourrait concerner notamment les services numériques, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la protection des données personnelles, les infrastructures digitales, les plateformes de services et la transformation numérique des entreprises et des administrations.
Dans cette perspective, la Chine apparaît comme un partenaire majeur, au regard de son expérience dans le développement des technologies numériques et de la transformation rapide de son économie.
La coopération sino-ivoirienne pourrait donc s’inscrire dans une dynamique où la technologie chinoise et l’expertise africaine se complètent, afin de concevoir des solutions répondant concrètement aux besoins des populations et des entreprises ivoiriennes et, plus largement, africaines.
L’innovation et la confiance au cœur du modèle ivoirien
Pour la Côte d’Ivoire, cette transformation repose sur deux piliers essentiels : l’innovation et la confiance.
L’innovation permet d’accélérer la transformation numérique et de créer de nouvelles opportunités économiques. Mais cette transformation ne peut être durable sans un environnement de confiance, notamment en matière de protection des données personnelles, de cybersécurité et de gouvernance numérique.
La protection des données devient ainsi un élément central de cette co-construction. Elle doit accompagner le développement des nouveaux usages numériques tout en garantissant les droits des citoyens et la sécurité des informations.
Construire ensemble le numérique de demain
À travers cette vision, la Côte d’Ivoire entend se positionner comme un partenaire actif de la transformation numérique et renforcer les passerelles avec la Chine.

L’enjeu dépasse donc le simple transfert de technologies. Il s’agit de construire ensemble des solutions numériques, de développer les compétences locales, de favoriser l’innovation et de créer un écosystème dans lequel les entreprises, les institutions, les experts et les chercheurs chinois et ivoiriens peuvent travailler conjointement.
Cette approche pourrait contribuer à donner un nouveau contenu à la coopération sino-africaine : une coopération fondée sur le partage d’expériences, l’innovation et la création de valeur locale.
De la technologie importée à la technologie co-construite, la Côte d’Ivoire entend ainsi prendre part à l’écriture du numérique de demain aux côtés de la Chine.
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