Côte d'Ivoire : vers l’élaboration d’un document cadre pour les acteurs de la société civile dans leur participation à l'activité politique

Abidjan, le jeudi 16 avril 2026(LDA)-Dans le but de renforcer la participation citoyenne au processus électoral en Côte d’Ivoire, notamment celle des femmes (42 % de la population) et des jeunes (75 %), le Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest – section Côte d’Ivoire (Foscao-CI) a organisé un atelier de réflexion les 15 et 16 avril 2026, à Abidjan, avec une trentaine d’organisations de la société civile.
« Cet atelier vise à élaborer un document-cadre destiné à servir de référence pour les actions de sensibilisation et d’éducation civique des populations ivoiriennes », a indiqué Drissa Soulama, coordonnateur du Foscao-CI.

Face aux défis liés au processus électoral en Côte d’Ivoire, il a souligné la nécessité de produire un outil pragmatique, adapté aux réalités sociales du pays. Et qui doit intégrer des approches méthodologiques efficaces pour atteindre les populations en milieux urbain et rural, ainsi que des axes d’intervention clairement définis.

Les travaux se sont appuyés sur une étude commanditée par le Foscao-ci et réalisée par Dr Diarrassouba Ibrahim, enseignant-chercheur à l’université Alassane Ouattara de Bouaké et consultant indépendant. Intitulée : « Appui au renforcement de la participation citoyenne, inclusive et apaisée des jeunes et des femmes à la présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire », cette étude dont les résultats préliminaires ont été présentés met en lumière les défis persistants liés aux processus électoraux dans le pays. Elle relève également que les élections en Côte d’Ivoire aboutissent, souvent sur des conflits marqués par, des destructions de biens publics et privés, ainsi qu’une faible participation des citoyens, donnant parfois l’impression d’une inefficacité des actions menées par la société civile.

Menée dans des zones considérées comme sensibles, notamment Abobo(Abidjan), Yamoussoukro et Daloa, l’étude met en évidence plusieurs facteurs de méfiance des populations. Parmi ceux-ci figurent les frustrations non exprimées, les promesses non tenues par les responsables politiques, ainsi que l’absence de justice à la suite des crises électorales passées, qui ont causé des pertes en vies humaines. À cela s’ajoutent des perceptions négatives du processus électoral, notamment un manque de confiance dans la révision de la liste électorale, les opérations de déguerpissement et l’absence de cadres permanents de dialogue.

À l’issue de l’atelier, les participants ont formulé diverses recommandations visant à enrichir cette étude, afin qu’elle puisse servir de base à un document stratégique pour les actions de la société civile en Côte d’Ivoire.

Edouard Djoussou, directeur des études et de l’éducation civique à la Commission électorale indépendante (CEI), a salué l’initiative du Foscao-CI, visant à guider les actions de la société civile. Avant de rappeler que les activités de sensibilisation et d’éducation civique relèvent également des missions de la CEI.

Auteur: Eugène Yao

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